L’impact environnemental du streaming dépend d’abord de l’écran qui affiche la vidéo, puis de la qualité d’image et du réseau utilisé. Selon l’étude ADEME-Arcep sur l’année 2020, les terminaux portent 79 % de l’empreinte carbone du numérique en France, loin devant les réseaux.
- L’écran et sa fabrication pèsent plus lourd que les données transportées.
- Une définition plus basse et le wifi à domicile réduisent la part liée aux réseaux.
- Garder son téléviseur ou sa tablette plus longtemps reste le geste le plus efficace.
D’où vient l’empreinte d’une heure de vidéo en ligne ?
Une heure de vidéo en ligne mobilise trois maillons : le centre de données qui stocke et envoie le fichier, le réseau qui le transporte jusqu’au domicile ou au téléphone, et l’appareil qui le décode et l’affiche. L’évaluation conduite par l’ADEME et l’Arcep a chiffré le poids de chacun pour l’ensemble des usages numériques en France : en 2020, le numérique représentait 2,5 % de l’empreinte carbone nationale, soit 17,2 millions de tonnes équivalent CO2, dont 79 % pour les terminaux, 16 % pour les centres de données et 5 % pour les réseaux (note de synthèse ADEME-Arcep, mars 2023). La part de chaque maillon est reprise dans l’article sur l’empreinte carbone du numérique.
La vidéo suit la même logique. L’essentiel de l’impact naît avant même la première lecture, au moment où l’on extrait les métaux, fabrique l’écran, la carte mère et la batterie. Une fois l’appareil livré, chaque heure de visionnage ajoute surtout de l’électricité, dont la production française est faiblement carbonée. La même étude rappelle que les services numériques pèsent environ 10 % de la consommation électrique du pays : un volume réel, mais réparti sur des milliards d’heures d’usage. Pour réduire l’empreinte de ses séries et de ses films, il faut donc regarder l’équipement avant de compter les gigaoctets, une idée qui structure toute la démarche de sobriété numérique.
Grand téléviseur, ordinateur ou smartphone : l’écran change tout
La taille de l’écran est le premier facteur qui sépare deux soirées de streaming. Un téléviseur de grande diagonale demande plus de matières à la fabrication et davantage d’électricité en fonctionnement qu’un ordinateur portable, lui-même plus gourmand qu’un smartphone. L’étude publiée par l’Arcom et l’Arcep avec l’ADEME sur les usages audiovisuels a confirmé que les terminaux, et en tête les téléviseurs, concentrent la plus grande part de l’impact de la vidéo.
Il ne s’ensuit pas qu’il faille regarder un film sur un téléphone. Un écran partagé par toute la famille répartit son empreinte sur plusieurs spectateurs, alors que quatre tablettes allumées en même temps la multiplient. Le choix le plus sobre consiste à garder l’appareil qu’on possède, à éviter d’en acheter un second pour le même usage et, au moment du remplacement, à choisir une diagonale adaptée à la pièce plutôt que la plus grande disponible.
| Facteur | Effet sur l’empreinte | Ce que l’on peut régler |
|---|---|---|
| Écran et sa fabrication | Le plus lourd, payé avant la première lecture | Faire durer l’appareil, éviter les doublons |
| Définition de l’image | Plus de données transportées et stockées | Baisser la qualité quand l’écran est petit |
| Réseau fixe ou mobile | Le réseau mobile est le moins sobre des deux | Passer en wifi à la maison, télécharger avant de partir |
| Lecture automatique | Des épisodes lancés sans être regardés | Désactiver l’enchaînement dans les réglages |
Faut-il baisser la définition des vidéos ?
Baisser la définition d’une vidéo réduit la quantité de données à transporter, et l’Arcep la range parmi ses écogestes : « réduire les qualités d’images des vidéos si possible ». Le gain se voit surtout sur un petit écran. Sur un smartphone tenu à trente centimètres, la différence entre une haute définition et une ultra haute définition est difficile à percevoir, alors que le flux grimpe nettement. Sur un téléviseur de salon, la question se pose autrement, et la qualité choisie dépend de la distance et de l’usage.
La plupart des plateformes de vidéo à la demande proposent un réglage de qualité par profil ou par appareil, souvent rangé dans les paramètres de lecture ou de données mobiles. Le mode économie de données des applications limite la définition hors wifi. L’Arcom, en lien avec l’Arcep et l’ADEME, a d’ailleurs recommandé aux services de télévision, de vidéo à la demande et aux plateformes de partage d’informer les consommateurs sur l’impact de leurs usages, ce qui devrait rendre ces réglages plus visibles.
Wifi ou 4G : quel réseau choisir pour regarder une série ?
Le réseau fixe, par la fibre ou l’ADSL et le wifi de la box, est le chemin le plus sobre pour regarder une série à la maison. L’Arcep conseille de basculer son téléphone en wifi une fois chez soi plutôt que de rester en 3G ou en 4G, et de télécharger à l’avance, sur le réseau fixe, les contenus que l’on regardera en déplacement. Le trajet en train ou l’attente d’un rendez-vous se prépare donc la veille : la plupart des applications de streaming autorisent le téléchargement temporaire d’épisodes. La box elle-même reste allumée jour et nuit : la consommation électrique d’une box internet se réduit avec quelques réglages.
La box elle-même compte. Allumée jour et nuit, elle consomme même quand personne ne regarde rien, et l’Arcep recommande de l’éteindre la nuit ou en cas d’absence. L’Arcep détaille ces écogestes dans son dossier sur l’empreinte environnementale du numérique, avec la collecte annuelle de données qu’elle mène auprès des opérateurs, des fabricants de terminaux et des centres de données.
Les réglages qui allègent le visionnage sans s’en priver
Quelques réglages réduisent l’empreinte du visionnage sans renoncer à ses programmes. Le premier est de désactiver la lecture automatique de l’épisode suivant et des bandes-annonces, qui lancent des vidéos que personne ne regarde quand on s’endort devant l’écran. Le deuxième est d’écouter la musique et les podcasts en mode audio seul : une vidéo affichée en fond pour écouter un morceau mobilise l’écran et le réseau pour rien.
- Régler la qualité d’image par appareil, plus basse sur le téléphone que sur le téléviseur.
- Télécharger en wifi les épisodes destinés aux trajets.
- Éteindre la box et le décodeur la nuit, plutôt que de les laisser en veille.
- Partager un écran à plusieurs plutôt que multiplier les appareils allumés.
Le geste qui compte le plus reste toutefois de prolonger la vie de ses écrans. Un téléviseur qui fonctionne encore n’a pas besoin d’être remplacé pour gagner en définition, et une tablette fatiguée se répare souvent : la rubrique réparation et reconditionné recense les solutions pour remettre un appareil en état ou en acheter un de seconde main.





