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Conseil Éco Numérique

Empreinte carbone du numérique : terminaux, réseaux et centres de données

Allée d’un centre de données bordée de baies de serveurs

L'empreinte carbone du numérique désigne les gaz à effet de serre émis pour fabriquer, faire fonctionner et éliminer nos écrans, nos réseaux et les centres de données. En France, elle pèse environ 4 % de l'empreinte carbone nationale en 2022, d'après l'Arcep, et l'essentiel naît avant le premier allumage.

  • Les équipements des utilisateurs concentrent 79 % de l'empreinte carbone du numérique (étude ADEME et Arcep, données 2020).
  • La fabrication représente près de 80 % des émissions d'un appareil sur toute sa vie.
  • Garder un smartphone ou un ordinateur plus longtemps reste le geste qui réduit le plus l'impact.

Que mesure l'empreinte carbone du numérique ?

L'empreinte carbone du numérique additionne les émissions de trois familles d'objets : les terminaux (smartphones, ordinateurs, téléviseurs, box, objets connectés), les réseaux fixes et mobiles qui transportent les données, et les centres de données qui les stockent et les calculent. Le calcul suit chaque objet sur son cycle de vie complet : extraction des métaux, fabrication des composants, transport, usage, puis fin de vie.

Ce périmètre explique un chiffre souvent mal compris. L'électricité consommée en France est peu carbonée, grâce au nucléaire et aux renouvelables ; l'usage d'un appareil y émet donc peu. À l'inverse, les composants sont le plus souvent produits dans des pays où l'électricité vient encore largement du charbon, et les écrans, les puces et les batteries demandent beaucoup d'énergie et de matières. La rubrique sobriété numérique et usages plus économes rassemble les gestes qui découlent de ce constat.

À l'échelle du monde, l'Arcep situe le numérique entre 3 et 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour la France, la mise à jour de l'étude menée avec l'ADEME, publiée en janvier 2025 avec des données de 2022, retient environ 4 % de l'empreinte carbone nationale. Cette part reste modeste face aux transports ou au logement, mais elle progresse avec le nombre d'équipements par foyer.

Quelle part pour les terminaux, les centres de données et les réseaux ?

Les terminaux dominent nettement l'empreinte carbone du numérique en France. L'étude ADEME et Arcep sur les données de 2020 attribue 79 % de l'impact aux équipements, environ 16 % aux centres de données et 5 % aux réseaux. Le téléviseur, l'ordinateur et le smartphone, multipliés par le nombre de foyers, pèsent bien plus lourd que les câbles et les antennes.

MaillonPart de l'empreinte carbone (2020)Ce qui pèse le plus
Terminaux des utilisateurs79 %Fabrication des écrans, des puces et des batteries
Centres de donnéesenviron 16 %Serveurs, refroidissement, bâtiments
Réseaux fixes et mobiles5 %Équipements actifs, antennes, box

La mise à jour publiée en janvier 2025 a élargi le périmètre d'évaluation des centres de données, ce qui rend ses parts difficiles à comparer terme à terme avec celles de 2020. Les réseaux et les box des abonnés représentent quant à eux 4,4 % des émissions du numérique en 2022, selon l'enquête annuelle de l'Arcep.

Pourquoi la fabrication compte-t-elle plus que l'usage ?

La fabrication d'un appareil numérique concentre près de 80 % des émissions qu'il produira durant toute sa vie, selon l'ADEME et l'Arcep. Un smartphone, un ordinateur ou un téléviseur neuf a donc déjà émis l'essentiel de son bilan avant d'être déballé. Chaque année d'usage supplémentaire répartit cette dette initiale sur une durée plus longue.

Cette logique déplace l'attention. Éteindre un écran, réduire la définition d'une vidéo ou supprimer des courriels restent utiles, mais leur effet est faible face au renouvellement d'un appareil. Les métaux rares, l'eau et l'énergie mobilisés pour un circuit imprimé ne se récupèrent qu'en partie au recyclage. Le second appareil d'un foyer, la tablette peu utilisée ou l'écran supplémentaire alourdissent l'empreinte sans toujours rendre un service nouveau. Pour la vidéo, les ordres de grandeur sont détaillés dans l'article sur l'impact environnemental du streaming.

L'électricité consommée par l'usage n'est pas nulle pour autant. Les box et les décodeurs restent allumés jour et nuit, et leur consommation cumulée sur le parc français atteint 3,5 TWh en 2023 d'après l'Arcep, soit 0,8 % de l'électricité consommée en France.

Comment l'empreinte pourrait-elle évoluer d'ici 2050 ?

Sans changement des tendances actuelles, l'empreinte carbone du numérique pourrait tripler entre 2020 et 2050, selon le scénario de référence de l'étude prospective ADEME et Arcep. Ce scénario projette une forte hausse de la consommation de données et une multiplication des équipements, chez les ménages comme dans les entreprises et les services publics.

Les auteurs décrivent d'autres trajectoires, plus sobres, qui reposent sur une durée de vie plus longue des terminaux, l'écoconception des services en ligne et une limitation du nombre d'objets connectés. L'écart entre ces scénarios montre que les choix d'équipement et d'usage pèsent autant que les progrès techniques. L'Arcep a d'ailleurs étendu sa collecte de données environnementales aux fabricants de terminaux et aux centres de données, afin de suivre ces évolutions année après année.

Quels gestes réduisent vraiment l'empreinte d'un foyer ?

Allonger la durée de vie des équipements est le levier le plus efficace pour un foyer, puisque la fabrication domine le bilan. L'Arcep recommande de ne changer de smartphone que lorsqu'il ne fonctionne plus, et d'appliquer la même règle aux ordinateurs, aux écrans et aux tablettes.

  • Faire réparer plutôt que remplacer : une batterie ou un écran se changent, et la réparation des appareils électroniques bénéficie d'aides publiques.
  • Choisir un appareil reconditionné quand un achat s'impose, ce qui évite la fabrication d'un appareil neuf.
  • Limiter le nombre d'écrans par foyer et revendre ou donner ceux qui dorment dans un tiroir.
  • Préférer le Wi-Fi au réseau mobile pour les gros téléchargements, et éteindre la box lors d'une absence ou la nuit.
  • Baisser la définition des vidéos quand l'écran ne la justifie pas.

Ces gestes se cumulent, et ceux qui retardent un achat comptent le plus : chaque appareil neuf évité épargne la part fabrication de son bilan, la plus lourde. Les données détaillées sont publiées par l'Arcep sur sa page consacrée à l'empreinte environnementale du numérique.

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