Signaler une arnaque en ligne passe par un service différent selon la situation : Signal Spam pour un courriel, le 33700 pour un SMS, Perceval pour une fraude à la carte bancaire, 17Cyber pour être guidé. Avant tout signalement, quelques réflexes limitent les dégâts.
Les réflexes dans les premières minutes
Face à une arnaque en ligne, la priorité est de couper l'accès de l'escroc à son argent et à ses comptes. Si des coordonnées bancaires ont été communiquées ou si des débits inconnus apparaissent, il faut faire opposition immédiatement auprès de sa banque ; si un mot de passe a été donné, le changer sur le site concerné et sur tous ceux où il servait aussi.
Il faut ensuite conserver les preuves : le message reçu, les captures d'écran, les relevés bancaires, les échanges avec l'escroc. Ces éléments servent au signalement comme à une éventuelle plainte. La fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr sur l'hameçonnage rappelle aussi qu'aucune administration ni société sérieuse ne demande des données bancaires ou un mot de passe par courriel ou par téléphone.
Devant un message suspect, le plus sûr est de contacter l'organisme concerné par ses coordonnées habituelles, jamais par le lien ou le numéro fournis dans le message. Ces réflexes font partie des sujets abordés par les dispositifs de la rubrique aides et accompagnement.
Hameçonnage et faux support technique : les reconnaître
L'hameçonnage est un faux message, courriel, SMS ou appel, qui se fait passer pour un tiers de confiance afin d'obtenir des données personnelles ou bancaires. Banque, opérateur, fournisseur d'énergie, site de commerce ou administration : l'expéditeur imite un nom connu, et le lien mène vers un site dont l'adresse diffère parfois d'un seul caractère de l'adresse officielle. Survoler le lien avec la souris, sans cliquer, affiche sa vraie destination.
L'arnaque au faux support technique repose sur un faux message d'alerte affiché à l'écran, qui pousse à appeler un prétendu support officiel. L'escroc demande ensuite un accès à distance à l'ordinateur, puis fait payer un dépannage ou des logiciels inutiles. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, il ne faut jamais appeler le numéro affiché : la touche Échap ou F11 ferme souvent la fausse alerte, sinon un redémarrage de l'ordinateur suffit. Si un accès à distance a été donné, il faut désinstaller le logiciel de prise de main, changer ses mots de passe et lancer une analyse antivirus complète.
Apprendre à repérer ces messages s'apprend aussi en atelier, auprès d'un conseiller numérique.
Quel service pour quelle arnaque ?
Chaque type d'arnaque en ligne a son service de signalement officiel. Le tableau reprend ceux que citent Cybermalveillance.gouv.fr et Service-Public.fr.
| Situation | Service à utiliser |
|---|---|
| Courriel douteux ou frauduleux | Signal Spam (signal-spam.fr), associé à la CNIL |
| SMS ou appel suspect | 33700, par SMS ou sur 33700.fr (service gratuit) |
| Adresse d'un site d'hameçonnage | Phishing Initiative, qui bloque l'adresse signalée |
| Achat frauduleux avec sa carte bancaire | Perceval, sur Service-Public.fr, après l'opposition |
| Escroquerie en ligne | Thésée, sur Service-Public.fr |
| Situation floue, besoin d'être guidé | 17Cyber, diagnostic en ligne |
Le site 17Cyber, proposé par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr, pose quelques questions pour identifier l'attaque subie, puis donne les recommandations adaptées. En cas d'urgence, le 17, le 112 ou le SMS au 114 restent les numéros à composer.
Porter plainte et se faire accompagner
Un signalement ne vaut pas plainte. Une plainte se dépose au commissariat ou à la gendarmerie, ou par écrit auprès du procureur de la République, avec toutes les preuves réunies. Service-Public.fr indique sur sa fiche porter plainte que, pour une fraude à la carte bancaire ou une escroquerie en ligne, les téléservices Perceval et Thésée sont à utiliser.
Deux numéros gratuits aident les victimes. France Victimes, au 116 006, accompagne les particuliers dans leurs démarches, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h. La plateforme Info Escroqueries du ministère de l'Intérieur, au 0 805 805 817, conseille du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
Ceux qui accompagnent un proche peu à l'aise avec internet peuvent aussi se tourner vers les ateliers financés par le pass numérique, où la reconnaissance des messages frauduleux fait partie des thèmes courants.
Arnaques en ligne : les doutes qui reviennent
Faut-il répondre à un message suspect pour s'en débarrasser ?
Non, il ne faut pas répondre à un message suspect, ni cliquer sur ses liens ou ses pièces jointes. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de ne pas y donner suite et de le signaler au service adapté.
La banque rembourse-t-elle après une fraude à la carte ?
Après l'opposition, la banque peut être sollicitée pour un remboursement ou l'annulation d'un virement, comme le recommande Cybermalveillance.gouv.fr. Le signalement sur Perceval se fait ensuite sur Service-Public.fr.
Un faux support technique peut-il vraiment voir mon ordinateur ?
Un faux support technique ne voit l'ordinateur que si la victime lui donne un accès à distance. La fausse alerte affichée à l'écran n'est qu'une page frauduleuse, qui ne vient ni du système ni de l'antivirus.





